Blog du Haut Comité Français pour la Défense Civile

sept/10

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Vers une véritable culture de renseignement en France ?

Le « Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale » publié en 2008 a pour la première fois considéré la fonction « connaissance et anticipation », c’est-à-dire le « renseignement », comme une fonction stratégique à part entière. Fait à souligner tout particulièrement dans un pays qui considère généralement ses services de renseignement comme des structures à « barbouzes » en ne retenant que les scandales qui ont émaillé notre société (par exemple, l’affaire du Canard Enchaîné pour la DST, le Rainbow Warrior pour la DGSE, les Irlandais de Vincennes pour la Gendarmerie Nationale ou encore l’affaire du pasteur Doucet pour les Renseignements Généraux).

La création de la DCRI, en rapprochant les RG de la DST, permet de penser, qu’à terme, les cultures des deux maisons vont donner naissance à une culture plus fusionnelle génératrice d’une meilleure efficacité.

Mais, contrairement à ce qu’on avait imaginé au milieu des années 80, le raisonnement n’a pas été poussé jusqu’au bout et une direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), qui aurait pu faire le pendant avec la DGSE, n’a pas vu le jour.

Au moment où les risques et menaces sont totalement globalisés, distinguer la sécurité intérieure de la sécurité extérieure relève de l’exploit. Les informations sont relevées sur un terrain global où la notion de territoire national est largement dépassée. Continuer à entretenir une distinction tout à fait virtuelle entre les services revient à se priver d’une réaction la plus rapide possible car multipliant les échelons et les échanges.
Le livre blanc proposait par ailleurs la création de l’Académie du renseignement, une structure nationale directement rattachée au Premier Ministre et chargée « de la formation du personnel des services de renseignement placés sous l’autorité des ministres chargés de la sécurité intérieure, de la défense, de l’économie et du budget, du renforcement des liens au sein de la communauté française du renseignement ainsi qu’à la diffusion de la culture du renseignement. ». Cette structure a en charge « les activités de formation initiale et continue au profit du personnel des services de renseignement » (DCRI, DGSE, DRM, DPSD, DNRED).
François Fillon vient d’inaugurer le 20 septembre la première session de l’Académie du renseignement. A cette occasion, il a souligné que « la communauté des institutions est indispensable, mais elle doit être fondée sur une communauté d’esprit. La coordination des services ne peut être une simple entreprise administrative. Elle doit être forte du partage des valeurs, des expériences, des savoirs qui sont propres aux militaires de la DRM ou de la DPSD, aux agents de la DGSE, aux douaniers de la DNRED, aux policiers de la DCRI, et aux experts de TRACFIN ».

C’est en effet par des formations communes que pourra être créé, in fine, un véritable état d’esprit « Renseignement » qui pourra aboutir plus tard, comme dans les pays anglo-saxons, à une véritable culture de renseignement en France. Même si aujourd’hui encore, on distingue toujours l’Intérieur, la Défense et l’Economie, l’effort est louable. Il reste que les Affaires Etrangères, pourtant en première ligne, et représentant une énorme capacité de recueil d’informations locales, ne soient pas contenues dans la liste des services participant à l’Académie du Renseignement. Il est vraiment dommage que certains diplomates ne reçoivent pas cette formation spécifique pour servir au mieux la République !

Les premiers pas sont faits vers l’élaboration d’une culture de renseignement. Le chemin est encore long, mais on va dans le bon sens, alors ne boudons pas notre satisfaction et souhaitons longue vie à l’Académie

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1 commentaire

  • Commentaire de l'auteur par adechanterac · 12 novembre 2010

    Le renseignement éclaire le responsable sur les décisions à prendre, et les exécutants pour les mettre en oeuvre. Tant que les fonctions « renseignement » et systèmes d’information et de commandement ( SIC), ne seront pas structurellement reconnues, intégrées et mise au service de toutes les cellules d’un état major (CIC, EMIZD, COD)on subira les écueils de pratiques archaîques.

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